Prolongations à Toulouse

P1170442Nous repartons en résidence à Toulouse en février, accueillies par Mix’art Myrys pour faire trace de notre tournée 2016 et commencer à se projeter dans la suite.
Installées entre deux bureaux vitrés, celui du réseau Art Factories, plateforme internationale de ressources pour les lieux intermédiaires (à savoir les lieux artistiques qui investissent des friches industrielles), et de l’équipe permanente de Mixart Myrys, nous reprenons les sons enregistrés, peaufinons les articles de l’épisode estival et commençons à dresser un bilan de cette aventure.P1170445 P1170447 P1170456P1170453
L’occasion aussi de rencontrer les habitants multiples de cette ruche artistique bouillonnante ! Nous regardons d’un œil extérieur amusé la vie du lieu et ses instances de gouvernance et de débat (qui nous rappelle quelques souvenirs des réunions de notre Feu Laboratoire urbain stéphanois à la grande époque !). Nous sommes invitées à présenter notre projet lors de l’AG hebdomadaire du mardi soir qui sera suivi par la présentation de nombreux projets et événements à venir passés en revu et soumis au vote des adhérents présents. L’écoute est là malgré les allers venus dans cette salle étroite où s’entassent des dizaines de personnes. La fumée des cigarettes se mélange au débat et interpellations des uns et des autres. Lorsque des enfants arrivent la règle s’applique et les cigarettes se taisent. L’AG commence par la proposition d’un professeur des Beaux arts et d’une étudiante qui présente la résidence en cours pour un projet photographique de lieux de vie à Toulouse. La question du droit à l’image et de la photographie suscite beaucoup de questionnements : pour quoi faire ? quels espaces ? quoi en retour ? pour montrer à qui ? Cela nous surprend à l’heure de l’hyper médiatisation de ce type d’espace via le net… En même temps on sent qu’ici on questionne ce qui ne l’est plus ailleurs… Nous aussi, nouveaux adhérents, nous pouvons donner notre voix au même titre que les anciens !

C’est à nous !!!

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Se côtoient ici de nombreux artistes, des gens de passage, d’autres investis depuis plus de 10 ans. Car l’histoire de Myrys c’est tout une aventure qui a commencé il y a plus de 35 ans par le squat d’une usine de chaussure, puis de l’ancienne préfecture en plein centre ville, ici dans cet entrepôt en bordure de périphérique du quartier des minimes, depuis une dizaine d’années…. Le midi nous mangeons au soleil sur la plateforme et papotons découvrant la programmation hyper intense du lieu : un espace de programmation artistique hybride et alternatif qui draine de nombreux toulousains…P1170468
Encore un voyage qui nous permet d’appréhender d’autres manière de faire en commun. Ici, s’invente une pensée riche d’enseignements sur la liberté de s’exprimer et d’agir, et sur la cohabitation et la place de tout un chacun dans la société. Par la fenêtre, on entend quelqu’un pousser la chansonnette : « J’aime pas recevoir des ordres, j’aime pas me lever tôt… » cela nous amuse !

Escale à Marseille

Bonne année 2017 à tous !

Pour repartir avec la Tournée Générale!, nouvelle résidence à Marseille en janvier dans le lieu de la Cie Midi à l’ouest en compagnie d’Émilie Olivier dite Martine Tarot pour une expérimentation sur la voyance de territoires.P1170173
Nous l’avions rencontrée à Chalon, elle souhaite créer un symposium des arts divinatoires et rassembler des artistes qui interviennent in situ en posant au cœur le prendre soin territorial. Nous nous plongeons dans son processus créatif, ses méthodes de travail. Elle nous initie aux tarots de Jodorowski en décryptant les Cartes, arcanes, une a une.

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P1170184Nous essaierons ensuite de créer des liens entre ces symboles et les enjeux de l’aménagement urbain tels que nous les percevons aujourd’hui. Nous échangeons sur le clown, le personnage, la mise en jeu, et nous intéressons à la figure du bouffon sacré, ou du FOL (un arcane des tarots) qui est cet être libre, lucide, critique et détaché qui parcours le pays… Cette figure est inspirante. La figure du colporteur est aussi intéressante, car plus populaire (mais ancienne) que celle de l’acupuncture, qui reste une pratique spécifique pas encore généralisée.

P1170208Son format d’intervention via un entresort forain – qui appartient au monde des arts de la rue – nous intéresse puisque nous recherchons comment le CUBE peut devenir un espace de colportage. Cette rencontre permet de nous poser des questions sur nos modes de création, de transmission, souvent très contextuels et donc jamais similaires. Un temps de recul qui nous permettra d’affiner notre posture, de questionner l’ouverture à d’autres univers artistiques, de poser des valeurs derrière ce prendre soin territorial, d’affiner les modalités de production du projet.

Nous rencontrons aussi Fabienne Aulagnier de Lieux publics et Julie de Muer de l’hôtel du Nord, avec qui nous échangeons sur la forme du projet et nous interrogeons son modèle économique, sa forme, ses contour. Nous échangeons aussi sur la manière de nous présenter. Nous sommes en effet sur des modes d’interventions hybrides qui certes flirtent avec le monde culturel mais brasse aussi les champ de l’urbanisme, de l’architecture…

Nous quittons Marseille pleine d’interrogations.