Une virée à Virey

À quelques kilomètres de Chalon, derrière les zones industrielles de périphérie, nous nous dirigeons vers le village de Virey-le-Grand.  Ce village densifié rapidement accueille un parking paysagé aux airs de camping et c’est sur celui ci que nous passerons la nuit loin du vacarme du festival sous une fine pluie d’été.

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C’est aussi le village des parents des sœurs Scherer, complices de toujours  ! Pauline (la grande) notre sociologue militante engagée dans la recherche/action et Blandine (la plus jeune) qui a glissé du patrimoine méditerranéen au recueil de récits de vie. Ce petit stop nous permet de distribuer notre livre auquel Pauline a largement contribué en animant nos ateliers de recherche collectifs et en participant à l’écriture collective ! C’est émouvant…
Le stop est court, temps de recharger les batteries (téléphones, ordinateurs, appareils photos, enregistreurs), de se pluguer sur la connexion internet, de prendre 4 douches salvatrices, de boire plusieurs cafés, et de raconter nos premières péripéties autour d’un verre de Givry ! Nous devons déjà repartir  !!! Rangement du CUBE de plus en plus efficace. Les contenus de chaque tiroir et placard sont quasi maitrisés.

P1140796P1140828 P1140819Avant de repartir nous proposons un tour de village en CUBE. On s’entasse, testant ainsi la capacité de l’engin. La virée prend des allures de fête foraine, on stop même chez des voisins passionnés d’enjeux anciens pour les embarquer avec nous… C’est drôle et inspirant. Blandine et Pascal Messaoudi son ami réalisateur de documentaires sonores voit déjà le CUBE avec son acoustique hors pair (à l’arrêt) transformé en lieu d’écoute. Certainement de futurs compagnons de route !

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Châlon dans la rue

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Réveil en douceur sur un parking périphérique, tous les camping caristes alentours nous regardent le sourire aux lèvres, nous n’avons pourtant pas le temps de trainer car à 10h un RDV très important nous attend, Martine Tarot de cuisine doit nous tirer les cartes… Que va t’on devenir ? Quelles suites pour Carton Plein ?

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Sur notre tournée générale nous avons choisi de nous arrêter une journée à Châlon pour le festival des arts de la rue afin de nous inspirer, formes atypiques, rencontres en tout genre, nous n’avons pas été déçues ! Partout les véhicules atypiques, entre-sorts bricolés, scénographies chiadées, peintures en lettre wahoo wahoo, supports d’histoires et de rêves.

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La guitoune de Martine est magnifique, elle est parfaite dans son personnage ! Après un petit café sur sa table de camping et chaises multi-colores c’est le moment de vérité… Chacun d’entre nous est sidéré par sa lecture des cartes ! Au cœur du tirage en croix voilà nos états d’être : Guillaume est le soleil, Fanny l’empereur, Laurie la métamorphose, Corentine la tour qui explose et Ali le Bateleur… Chacun médite son tirage et en fait son interprétation, mais clairement, nos tirages en croix n’étaient pas interchangeables !

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Nous repartons vers d’autres aventures, mais avant cela il faut déposer Guillaume à la gare, c’est le départ pour Gannat, festival de musique folklorique. L’après midi nous participons à une « Walking thérapy » menée d’une main de maitre par une troupe Belge vraiment décalée ! Ils nous embarquent casques sur les oreilles pour une déambulation dans les rues de Châlon afin d’apprivoiser le malheur pour sortir de la tyrannique société du bien-être et du bonheur ! Savoir accepter la mort, ne plus en avoir peur, en faire un complice voilà le programme de ces coach loufoques. « Avoir le malheur comme bonheur, le malheur comme bonheur, le malheur comme bonheur…. Apprivoiser l’autre ! »

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Il faut retrouver une place pour notre CUBE chéri, nous décidons de partir explorer la zone du port nord, là bas nous sommes à la recherche d’un certain Shon Art dont nous a parlé Jeanne la colocataire d’Alexis de Pesmes. Nous finissons par le découvrir dans un entrepôt investi par un groupe d’architectes, d’artistes et de constructeurs qui ont transformé cette zone en un terrain de jeux et d’expérimentations en prise avec la reconversion du port industriel. Ici mécaniques, installations, transformations, projections, militantismes se côtoient…

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Ensuite joli détour par la Fête à toto par les installations du collectif Nantais Sweatlodge. Enfilade d’entresorts, caravanes déjantées en tout genre, personnages loofoques… Relooking, épreuve de force, studio photo garage, et autres performances vraiment chiadées. Nous sommes impressionnées par la qualité des ambiances travaillées, les personnages sont délirants et totalement dans leurs rôles. Cela nous questionne sur notre CUBE, car ce premier voyage doit nous permettre de l’aménager, de le modifier, mais jusqu’à quel point ? Comment concilier son esthétique désuète total années 80 et lui ajouter un peu de peps ? comment en faire un objet scénographique en jouant sur sa banalité, son originalité, son décalage ?

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Une journée à Pesmes

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Réveil difficile après la soirée concert improvisée chez Paty ! Il faut néanmoins prendre la route des « corrections » auquel Stefano et Bernard nous ont convié. Nous sommes les premiers arrivés sur les lieux, les séminaristes n’ont pas l’air très réveillés… Du coup on retourne chez Paty prendre un petit café et décider du programme de la journée car les sollicitations sont nombreuses. Corrections, petit tournage sur le séminaire, entretien avec la Paty nationale, entretien avec Robert notre voisin bienfaiteur et surtout un défi qui nous inquiète un peu mais qui semble tenir à cœur à l’équipe d’Avenir Radieux, le fleurissement du square Jean Connerie…

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Nous commençons donc par l’épreuve correction, on sort la caméra, on écoute les étudiants qui présentent l’avancée de leur travaux à Bernard, Stefano et Alexis.

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Puis une partie migre au marché afin d’acheter des plantes tandis que l’autre part en immersion sur le terrain du square Jean Connerie. C’est un véritable nœud tellurique, un point de tension ancestral qui cristallise toutes les rancœurs des villageois, et nous n’avons qu’une pauvre journée pour nous atteler à la tâche. Fanny, Laurie et Guillaume rencontrent les voisins, tentent de comprendre les enjeux, les attentes de chacun, de dénouer avec douceur les problèmes de ce petit square.

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A 13h nous avons Rendez-vous avec Bernard, Stefano et Alexis pour réaliser un entretien sur l’implantation de Avenir Radieux à Pesmes et sur le pourquoi de ce séminaire d’architecture. A 15h c’est l’entretien avec Paty et Christian, il faut aussi descendre voir Robert tout en rempotant les fleurs dans les pots en terre donner par les nombreux voisins, tous réceptifs et désireux de participer à l’aventure. Puis pour ficeler le tout nous fabriquons des petites pancartes qui explicitent la présence de ces plantes aromatiques sur ce petit bout de terrain. Nous partons avec des couronnes de fleurs sur la tête planter ces pancartes de fortunes réalisées avec les roseaux de l’Ognon, passons devant le lieu du séminaire où les étudiants et les conférenciers boivent un coup à côté d’un cours de Zumba en plein air. Le résultat sur le square est plutôt probant et nous espérons qu’il sera bien le déclencheur d’un processus d’apaisement et de coopération poursuivit par Avenir radieux !

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Petite baignade dans l’Ognon avant de charger le cube et ranger les affaires….

Il est temps de repartir, mais le mercredi soir c’est pizza à Pesmes, alors on ne résiste pas à la dégustation sur la terrasse de Paty et Christian. L’occasion pour Paty de réclamer de nouvelles chansons à son petit chouchou Guillaume, qui bien-sûr ne peut pas résister ! Départ en trombe sur la place du village, préchauffage traditionnel du CUBE, décompte… 5, 4, 3, 2, 1 c’est parti !
Sur la route vers Châlon, la lune est rousse et énorme, on a l’impression de traverser le kenya, l’orage tant attendu éclate, il commence à pleuvoir, on essaye d’actionner les essuies-glace, et là, malheur, l’essuie glace du côté conducteur se détache et s’envole sur la route, nous roulons dessus… trop tard… Il est perdu à jamais….

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L’arrivée à Pesmes est fantastique, après les paysages arides de plaine, le passage au nord de Dole nous amène au cœur des bocages verdoyants. À travers les fenêtres panoramiques, sur nos fauteuils de skai brulants nous ressentons la fraicheur du milieu. On se gare sur la place du village, perchée en contre haut de la rivière, petite manœuvre sous le regard amusé de quelques villageois. On nous a promis la baignade dans l’Oignon mais Alexis Stremsdoerfer, notre passeur Pesmois, nous attend à la conférence de Stefano Moor célèbre architecte, pour le Séminaire organisé par Avenir radieux. Le nom nous amène à quelques divagations, nous arrivons transpirants, au fond de la salle…  nous sommes dans l’entre des séminaristes. Une trentaine d’étudiants en architecture venus de toute la France et même au delà, écoute avec attention le fameux Stefano (dont nous n’entendrons de sa conférence que la conclusion en divagation). Le bel accent italien résonne dans la pénombre de la salle des fêtes. Tout autour des tables, des maquettes, des photos anciennes du village, des croquis, des chutes de carton, ça sent la sueur et la surchauffe de cerveaux. Pendant deux semaines ces jeunes architectes viennent concevoir in situ des projets. C’est la deuxième année que ce séminaire prend place et créer l’effervescence au village ! Bernard Quirot l’architecte fondateur de cette école d’été, cherche à relocaliser le métier d’architecte en concevant le métier comme celui un commerçant avec pignon sur rue. C’est micro demande après micro demande, à partir des problématiques quotidiennes du bourg que se joue l’architecture. Il s’est réinstallé dans son village il y a 10 ans et a développé son agence au coeur du bourg, agence qui emploie une dizaine d’employers. Cette année les étudiants travaillent sur les rives de l’Oignon, la rivière, autour de secteurs stratégiques.

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Nous abandonnons lâchement ce petit monde (après avoir quand même gouté le bon petit blanc offert à la fin de la conférence) pour notre première baignade dans l’Ognon la rivière qui borde Pesmes (Immersion nécessaire pour comprendre ce sur quoi travaillent les architectes !). L’eau est douce et salvatrice, on se délecte de ce rafraichissement. Il faut dire que cette première journée de CUBE a été intense si ce n’est hardcore !

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Nous avons imaginé une petite soirée concert au bar du centre, chez Paty et Christian, avec notre acolyte de choc, Guillaume Maupin qui a embarqué pour quelques jours avec nous. Avec toutes ces aventures nous sommes en retard sur l’horaire proposé et les quelques clients qui attendaient ont quitté les lieux. Nous sommes seuls en terrasse, Paty et Christian, adorables, à l’image de ce que nous avait raconté Alexis, nous mettent à l’aise et nous servent une première tournée. Quelques séminaristes commencent à arriver, Guillaume sort sa guitare, sa chruty box et le concert commence. Au fil des chansons qui s’enchainent les curieux arrivent. Des Pesmois viennent nous rejoindre, s’installent, semblent apprécier, d’autres observent depuis le muret de la place.

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L’ambiance ne tarde pas à s’enflammer, des danses s’improvisent, les spectateurs sont conquis ! Avec un répertoire allant de chansons traditionnelles collectées dans les années 50, à celles de Beyonce (dont il est secrètement amoureux) ou les compositions de son ami Quentin, des Beatles, de Barbara ou de Brel, avec au coeur un répertoire entre Folk et Rock et des guides tels que Mélusine, Guillaume porte au cœur la transmission avec cette générosité qui donne à tous l’envie d’y être et de rentrer dans la ronde. Il n’y a pas de doutes, Guillaume est un magicien, un vrai soleil dans la nuit de Pesmes ! Il rayonne et offre ses chansons, ses ritournelles, ses textes drôles et connectés aux aventures que nous vivons en direct. Ainsi Paty, Pesmes, Chânes, les Cartonnettes, Monique, Tournus et son Mac Do, se retrouvent mis en musique, embarqués par le flot magique de notre barde Guillaume ! La nuit se termine dans l’Ognon, ultime baignade au clair de lune.

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La route et ses méandres # STOP AND GO !

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Après le baptême de nuité CUBE, départ de bon matin. Wahoo ça y est ! A peine démarré que stoppé. Bruit étrange tac tac… stop sur la bas côté. Désespoir momentané. Arrêt express sous un soleil de plomb. Problème de roue, non non !! On redémarre. et tac tac tac. On s’arrête… ah oui quand même. Le pneu est complètement arraché. Mortibus.

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On sort la roue de secours. le CRI. La croix (mais ou est-elle ?) comment on fait déjà ? A peine tout déballé et quand même un peu en difficulté il faut l’avouer notre premier ange gardien pointe son nez. C’est Sébastien et son convoi exceptionnel rouge flambant neuf. Stop, de l’aide les filles? oh oui Sébastien ! en trois tour de main le CRI est mis, il fuit, pas de problème Sébastien en a un autre, et puis de toute façon si difficulté il nous monte sur son porte charre jusqu’à la station de Tournus.

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On aura quand même fait 20 km. Lui il habite à Vaise bien tranquille. Un peu moins depuis la disparition de la Duchère mais quand même ça va. Il bosse pour une boite à Mâcon. Il aime ça la solidarité entre camionneurs et motards. Les voitures c’est autre chose…. ça y est c’est fait – roue de secours – pneu lisse – aie !

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Arrêt Tournus et attente pour Profil + Roi du pneumatique. Accueil sympathique. « Ah trop vieux les pneus. Ah ben il faut changer les deux de derrière, et garder l’arrière gauche en secours. »

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Nous faisons sensation avec notre engin et notre conductrice de choc. Mais ça traine un peu, c’est pas tout on nous attend à Pesmes. la grande question : pourra-t-on se baigner dans « l’Oignon » ? Pourra-t-ton assister à la conférence de l’architecte Suisse Stefano Moor ? Suspense.

Quoi qu’il en soit pause imposée au Mac do en attendant l’approvisionnement et la commande des pneus du CUBE.

Passage de relais # GO !

Et voilà ! Tous en Bourgogne pour récupérer le CUBE. Super Fifi nous accueille pour un cours de mécanique, sous le regard attentif de la mamie d’Ali, Claudia, si heureuse de voir le Camping Car familial repartir sur les routes. Il fait chaud chaud chaud ! Fifi (le papa diéséliste) nous offre un peu de miel pour nous mettre en route en douceur…

Aller on passe à la gare chercher la dernière acolyte. Cote, virage, tut tut, calage, tut tut ! On ne passe pas inaperçu avec le CUBE ! 3 minutes minimum de chauffe pour un démarrage réussi ! On rode la machine et on découvre les pointes à 75. L’habitacle est magnifique et nous projette déjà dans le panoramique… Les écrans tous propres prêts pour l’aventure en mouvement ! Écho direct au spectacle Rivages – Drive-in mobile pour bords de villes – de nos acolytes de la folie Kilomètre que nous venons de voir à Saint-Etienne avant de prendre la route.

IMG_0163 IMG_0174Pour ce grand démarrage de la tournée nous avons des invités très espéciaux… Guillaume (à droite sur l’image) et Quentin (avec les lunettes de soleil) nous font le plaisir de nous rejoindre à Chânes. Nous les avons convaincu de projeter leur film Water Music que nous avions eu la chance de découvrir pour le festival des inattendus à Lyon en février dernier.

Le film Water Music c’est : Cinq jeunes français quittent le littoral atlantique (Saintonge) en vue d’une tournée de concerts. Devant jouer dans un festival en Suisse, ils décident néanmoins de ne jamais s’éloigner des plages (mer, lacs, rivières…). En chemin, ils doivent s’occuper des problèmes d’orientations de l’un, des peines de cœur de l’autre, et rencontrent musiciens, orientologues et passeurs en tous genres. L’occasion d’observer comment se transmettent musique et chansons dans une Europe qui s’éloigne de son folklore, envahie par la culture de masse. Reprise,détournement et recyclage sont les maîtres-mots de ce témoignage potache et généreux du mois d’Août 2011 dans une étonnante Europe balnéaire.

Nous organisons une projection ouverte suivi d’un concert chez Catherine. Les rires sont francs et l’ambiance chaleureuse. C’est une forme de relais d’une aventure à l’autre, d’un voyage à l’autre, d’un véhicule à l’autre, d’un sexe à l’autre ?!
Ce film nous parle de la transmission orale, des ruptures de transmission générationnelles… parle d’amour, de rencontres, de moments simples et beau.
La projection se poursuit dehors autour d’un concert improvisé.
Demain nous apprendrons une chanson… La musique, quel lien !  IMG_0191IMG_0212

Rencontre avec Pierre Guichard Acupuncteur/Magicien

Face

Au commencement de cette aventure, comme toujours chez Carton Plein, un questionnement émerge. Sans qu’il soit nouveau, la perspective de la Tournée générale vient réveiller de nouvelles envies, et avec elles, la perspective de l’enquête commune. Pour cette fois, l’acupuncture comme système thérapeutique, nous interroge vivement tout en nous attirant comme une ressource possible.

Nos méthodes d’activation et d’implication des habitants cherchent à fertiliser l’espace public et à engendrer des dynamiques de transformations durables et vertueuses. Cela implique un travail de mise en synergie entre acteurs des politiques publiques, aménageurs, société civile, habitants et la création de dynamiques collectives.

Pour éviter les logiques de zonages et de sectorisation qui concentrent l’attention sur un projet unique dans un lieu ciblé, Carton Plein travaille le lien et la porosité entre les espaces de la ville en activant simultanément des micros-lieux multiples et diffus. Les expérimentations et les transformations qu’elles engendrent, deviennent des analyseurs du territoire, lui-même étant en perpétuel mouvement. Ce sont parfois des interventions simples. L’éphémère et l’imaginaire y sont régulièrement mobilisés. Ils deviennent aussi de possibles moteurs de transformations pour ouvrir des espaces de discussions. Les perturbations qu’elles introduisent dans le quotidien permettent en effet d’accélérer la connaissance de l’espace urbain et d’amorcer de nouvelles projections collectives. C’est aussi un à un, intervention après intervention, la transformation en profondeur des logiques d’acteurs, et pas à pas, l’harmonisation de l’espace public dans sa double acception matérielle et immatérielle.

Comme de nombreux autres urbanistes et architectes, nous aimons employer le terme « d’acupuncture urbaine » pour définir notre démarche. Ce terme est utilisé en référence aux médecines douces chinoises qui cherchent à activer les méridiens via ses pressions fortes ou légères sur des points précis. L’analogie entre la médecine chinoise et l’urbanisme est attribuée à Jaime Lerner, architecte brésilien. L’expression acupuncture urbaine s’est propagée comme une trainée de poudre en France et à travers le monde, ce qui nous incite à penser que des transformations sont à l’œuvre et se multiplient, renouvelant les formes conventionnelles de l’urbanisme.

« Une bonne acupuncture permet d’entendre le son normal des villes. Faire le silence pour épurer le vrai son. Accorder le son de la ville. Avant, il y avait des gens dont la noble mission consistait à allumer les lampes à gaz des villes. Moi, je voudrais être l’accordeur de leur son. »

Jaime Lerner, Acupuncture urbaine, Paris, L’Harmattan 2007.

Pour amorcer cette tournée, nous avons voulu en savoir plus et réinterroger ce terme. Nous avons été rencontré Pierre Guichard, acupuncteur, voisin, personne ressource essentielle dans notre processus et notre quotidien. Nous l’avons interrogé sur l’acupuncture et laissé exprimer les connexions possibles avec notre démarche.

Nous avons découvert son approche intuitive et sensible d’une acupuncture basée sur des protocoles, des connaissances te des outils mais pratiquée avec intuition, en se laissant guider par le ressenti. Pierre compare le corps à un paysage, un paysage unique avec ses courbes, ses cours d’eau en profondeur, ses collines… Chaque corps est unique à l’image des lieux que nous traversons. Il nous incite à nous interroger sur la place des actions communes et individuelles, l’écoute de nos sensibilités respectives et de nos moteurs collectifs.

art-martial-point-vitaux_meridiens   taoists2360x1660 Pierre nous a proposé de tester quelques protocoles pour aiguiser nos sens et perceptions… notamment d’aller dans des lieux aux physionomies très différentes (plateaux, lieux encaissés, boisés…), et de nous y arrêter, d’y inscrire chacune nos ressentis, de les mettre en partage, d’observer aussi comment les lieux traversés jouent sur le groupe.

Merci et en route pour l’aventure !

Souffle-Qi