
En mai 2021, c’est le collectif Rural Combo qui nous a mis au travail à l’occasion d’une rencontre du réseau Superville à Billom : quelles pratiques vernaculaires du commun en milieu rural, plus spécifiquement en Livradois-Forez ?
Aujourd’hui, nous sommes témoins et parfois partie-prenante de projets de territoire visant l’intérêt général, entremêlant acteur-ices de la société civile, associatifs, habitant-es, secteurs privés et pouvoirs publics, qui donnent naissance à plein de nouvelles formes de lieux collectifs : tiers lieux associatifs, espaces publics réinventés, projets d’urbanisme participatifs. Mais les communs contemporains ont-ils des précédents dans nos territoires de vie ? D’autres ont surement expérimentés avant nous des formes de gestion partagé des espaces avant que l’individualisme néolibéral les dissolvent.
Apparus après la révolution, ces sectionnaux et communaux, véritables organisations et gouvernances partagées de “morceaux” de paysage – historiquement liés à la gestion et au partage des ressources naturelles – dont les mémoires se sont transmises oralement jusqu’à nos jours.
Bien que l’État français cherche de plus en plus à borner ces sectionnaux et que les communaux trouvent d’autres vocations, des collectifs inventent de nouvelles formes de commun qui remettent en question le rapport à la propriété, au sol, au patrimoine : ce sont les nouveaux communs des territoires ruraux.
Nous constatons que les porteurs de pratiques et de la mémoire des communaux et sectionnaux sont rarement investis ou en lien avec les nouveaux communs qui s’inventent aujourd’hui.
Après une marche-enquête lors des rencontres Espace Rural Projet Spatial (ERPS) à Job en 2021 également, nous avons, au fil des ans, poursuivit nos recherches au travers de formats d’enquête-radio collectives sur plusieurs jours en 2023 et 2024. Pour 2025, nous avons choisis de poursuivre cette exploration en nous concentrant sur les productions nourricières du territoire et son partage avec l’objectif de recenser et de mettre en valeur le foisonnement de pratiques hétéroclytes et d’initiatives locales, de cultiver les relations entre ces différents pratiques habitantes et de semer des idées pour demain. Quoi de mieux que la nourriture pour rapprocher les gens, et partir des savoirs et savoir-faire locaux ?

