Une première expérimentation d’Hair du temps s’imagine à Bruxelles dans le cadre des constellations portées par le CIFAS, devant l’iconique Michel Hair Fashion. Je postule aux Constellations, un temps de co-apprentissage porté par le CIFAS à Bruxelles permettant de faire émerger des projets artistiques en partageant des prototypes et travaillant sur la méthode des feed-backs. La rencontre avec ces 12 artistes, l’équipe du CIFAS et Anna Rispoli l’artiste activiste invitée est riche. Je me sens comme un poisson dans l’eau. Je dois proposer un prototype accompagné d’une question. Je me rends compte que dans les arts de la rue j’aime le réel, les gens, la vie et je souhaite que cette forme puisse s’adosser et mettre en scène le réel.
![]()
J’aimerai trouver une forme d’écriture qui puisse partager des éléments fondamentaux de mon enquête :
>Lien à l’âge, sortir des standard images de l’age et du jeunisme, renouveler les inspirations, acceptation vieillesse, le prendre soin, l’accompagnement de la dégradation corporelle, repenser rapport fragilité, vulnérabilité, mais aussi à la dignité…
>La question des cheveux et de la coiffure comme marqueur social, comme espace de rébellion ou de normalisation, comme rituel individuel et collectif, comme espace politique. Question de la mode et des injonctions époque par époque, question des produits de grande consommation, du trafic de cheveux….
>Figure du coiffeur et culture populaire, ciment tissus social. Milite pour la place des boutiques indépendantes centrales dans le ciment social. Besoin mettre en valeur culturelle populaire et compétences des métiers, en l’occurrence coiffeur (mais pris dans travail plus large porte voix des métiers du vieillissement)
J’aimerai pouvoir mettre en valeur et en scène la petite histoire, celle du salon choisi et ses propres questionnements. Ici chez Michel Hair fashion une tension autour de la transmission du salon à une équipe de jeunes. La fin d’une époque, de ce salon populaire et ancré dans le quartier.

La recherche serait avec vous de tester le déploiement en rue et in situ (dans et autour d’un salon) un dispositif qui puisse vraiment mettre en scène les salons de coiffures existants tout en proposant des pistes d’écriture pour porter mon propos. Je mets en partage cette question : Comment s’adosser au réel/ à une situation particulière tout en tenant un propos plus universel ? Comment mettre en scène le réel ? comment souligner / appuyer / accompagner l’expression du coiffeur comme figure ? Comment apporter des éléments sans percuter ou saturer ? Comment tenir un fil tout en incluant le coiffeur ?

Ce qui est testé : Test en situation chez Michel Hair Fashion, un coiffeur sur le fil de la retraite, semaine du « grand croisement. ». Une semaine chargée où il transmet son salon à contre cœur. La tension est palpable. Je propose l’installation d’une salle d’attente extérieure avec bureau d’accueil. C’est une forme d’extension dans la rue sur le parvis, le long de la vitrine, ou les participants écoutent au casque, comme un temps spécifique, un shampoing sonore. C’est un Récit intime autobiographique de 7 minutes qui croise histoire de vie personnelle rapport aux cheveux, au coiffeurs… le pourquoi du choix du sujet et de cette enquête. Je parle au je. Cédric m’aide à mettre en voix et en son cette proposition. Je propose un temps d’enquête dans le salon lui même qui permet de rentrer en groupe et de donner la parole aux personnes qui l’occupent (le patron du salon, et les autres coiffeureuses et client.e.s)


Retour à la Bellone où nous retravaillons collectivement.

Les feedbacks de l’équipe sont encourageants sur le juste positionnement aux abords/ dans /autour /avec le coiffeur. Il évoque ce récit sonore comme clef de compréhension de la démarche. Ils partagent leur intérêt pour cette posture de mise en enquête et en questionnement du public. Le potentiel narratif du salon et la mise en valeur des coiffeurs et de leurs clients est souligné. Plein de retour sur de possibles pistes : plus d’interaction avec le coiffeur et les clients, plus de captation des récits des spectateurices ? …
Prototype porté par Fanny Herbert en complicité avec Cédric Froin Création sonore & Roxane Philippon Designer Carton Plein. Mais aussi avec l’équipe du CIFAS Marine, Flore et Beth pour les belles photographies.